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Transat Jacques Vabre : une 2e place pour Paprec Arkéa

Arrivée Transat Jacques Vabre 2023

Pour la première transatlantique du prototype Paprec Arkéa mis à l’eau en février dernier, Yoann Richomme et Yann Eliès ont impressionné. Eux qui visaient le « top 5 » ont été aux avant-postes tout au long de la course et sont parvenus à empocher la 2e place ce dimanche 19 novembre à 6h 11mn 16sec (heure locale, soit 11h 11mn HF). Une récompense du travail effectué par toute l’équipe, une satisfaction aussi pour le duo formé par ces deux hommes qui ne lâchent rien. 

Certes, les moments de stress et d’appréhension ont été nombreux. Il a fallu résister à la mer croisée et aux fortes rafales des premiers jours, à la bataille tactique pour filer vers le Sud et à l’alizé qui n’avait rien d’un long fleuve tranquille. Il a fallu apprivoiser ce bateau encore jeune, ses réactions, ses instants de faiblesse. Il a fallu parfois « bricoler » et souvent s’employer à puiser dans ses propres retranchements l’énergie pour progresser coûte que coûte. Ainsi s’est donc déroulée cette Transat Jacques Vabre atypique, dont le départ a été décalé d’une semaine à cause des fortes dépressions.

Imoca Transat Jacques Vabre 2023

Beaucoup de détermination et de l’humilité aussi

Pourtant, Yoann Richomme et Yann Eliès se distinguent par un sang-froid à toute épreuve, une capacité de résistance même lors de ces premiers jours à ne pas vraiment fermer l’œil. Malgré l’expérience et le talent de Yann (vainqueur à quatre reprises de la Transat Jacques Vabre) et de Yoann, lauréat de la dernière transatlantique (la Route du Rhum) en Class40, le bateau reste jeune et les réglages les plus efficients restent à trouver. Face à eux, des bateaux mis à l’eau plus tôt (Charal en 2021, For the Planet en 2019) et des skippers (Thomas Ruyant, Jérémie Beyou) qui ont bien plus d’expérience en IMOCA que Yoann qui fait ses gammes dans la classe depuis le début de l’année.

Une situation qui pousse à aborder chaque journée en mer avec détermination, certes, mais aussi avec humilité. Dans le trio de tête dès la traversée du golfe de Gascogne, premiers à aborder les Canaries, Paprec Arkéa s’est distingué comme un fer de lance du « groupe du Sud », de ceux qui ont longé les côtes africaines alors qu’une poignée d’autres concurrents ont tenté l’option Nord-Ouest. La suite, c’est une longue cavalcade dans l’alizé, des recalages, des empannages et une guerre des nerfs en permanence alors que les poursuivants de Paprec Arkéa reviennent.

« La vie est dure à bord, ça tire sur le système » reconnaissait Yoann à bord. Jusqu’au bout, ils se sont donnés sans compter et pour cause : For The Planet leur a tenu la dragée haute obligeant à s’employer dans la baie de Fort-de-France. Un final à couper le souffle, un ‘match race’ incroyable après 12 jours de mer et une incroyable délivrance à l’arrivée. Yoann et à Yann, les yeux plissés par la fatigue mais le sourire aux lèvres, peuvent avoir le sentiment du devoir accompli. Après les sourires et les embrassades, l’équipe va devoir se mobiliser. Dans 12 jours, place à une nouvelle course, Retour à la base, en solitaire cette fois. Un enjeu d’envergure pour Yoann et Paprec Arkéa : aller au bout est une étape primordiale afin de se qualifier pour le Vendée Globe, l’objectif majeur de ce programme.

Réaction Richomme Elies - Transat Jacques Vabre 2023

LES RÉACTIONS

Yoann Richomme : « Ce résultat, c’est l’accomplissement d’une belle histoire. Cela fait plus de deux ans qu’on a pour objectif de boucler cette Transat Jacques Vabre et de débuter le processus de qualification pour le Vendée Globe. Il y a une fierté d’avoir réussi cette mission collectivement, d’avoir ramené le bateau en bon état à Fort-de-France et d’avoir signé un beau résultat. Nous avons beaucoup appris, il y avait beaucoup d’aspects que je ne connaissais pas sur ce bateau. On n’a aucun regret à avoir – Thomas (Ruyant) et Morgan (Lagravière) étaient un cran au-dessus de nous – mais on rentre avec les carnets de notes remplis d’observations pour la suite. Nous avons bien progressé malgré tout et on n’a jamais baissé les bras. Et il nous reste encore plein de choses à apprendre ! »

Yann Eliès : « On a eu le sentiment d’avoir eu chaud à l’arrivée ! Les sensations à bord de ces bateaux, ça se rapproche du multicoque. Dès que tu prends la vague tu as l’impression que ça vole et tu sens que tu vas très vite. Les premières 48 heures ont été très dures, dans une mer particulièrement agitée et je n’aurai pas eu l’audace et l’abnégation de Yoann. On parle beaucoup des performances du bateau mais peu des hommes à bord. Sur le podium, il y a certes de très bonnes machines mais il y a aussi de très bons équipages »