Histoire du recyclage en France

Avec 48 millions de tonnes de déchets ménagers expédiés vers des installations de traitement spécialisées en 2014, la France fait aujourd’hui partie des nations hautement concernées par le recyclage. Pourtant, ce ne fut pas toujours le cas. Découvrez donc son histoire, des chiffonniers jusqu’aux premiers centres de tri, pour tout savoir sur le recyclage dans l’hexagone.

LES DEBUTS DU RECYCLAGE EN FRANCE

Les principes de gestion et de recyclage des déchets font leur apparition en France au XVIème siècle, lorsque François 1er, après des siècles d’insalubrité urbaine, démocratise l’emploi de paniers pour récupérer les déchets ménagers. Au fil des années, les premiers systèmes de collecte s’organisent à Paris, Lyon ou encore Caen.
 
Les ancêtres de nos décharges publiques voient ainsi le jour en périphérie des villes, les ordures biodégradables sont orientées vers les champs pour y servir d’engrais, et les premiers recycleurs sillonnent en carriole les rues de l’hexagone. Appelés chiffonniers (ou ferrailleurs pour certains spécialistes plus tard), ils collectent et revendent différentes matières de la Renaissance jusqu’aux années 1970.  Les vieux chiffons sont ainsi par exemple transformés en papier, les peaux de lapins en colle pour l’ébénisterie ou la marqueterie, les os en allumettes ou en gélatine comestible, et les premières boîtes de conserve – bien plus tard -  en jouets pour enfants. 

Paprec Ouest
Bouteilles plastiques, Paprec Group

LE RECYCLAGE AU XIXè SIECLE

Avec le XIXe siècle et la révolution industrielle, viennent d’autres nouveautés. Alertés –entre autres choses – par les découvertes de Pasteur sur les bactéries, les français cherchent et trouvent des solutions pour enrayer les problèmes sanitaires liés à l’extension des villes et l’apparition de nouveaux gisements de déchets.
 
Les réseaux d’égouts se perfectionnent et aiguillent désormais les matières charriées vers des stations d’épuration (et non plus les fleuves voisins), un arrêté gouvernemental publié en 1870 interdit le dépôt des déchets ménagers sur les voies publiques, et le préfet de la Seine Eugène Poubelle invente en novembre 1883 le célèbre récipient qui porte encore son nom.  
 
Avec lui naît d’ailleurs la première démarche de collecte sélective. Une poubelle est dédiée aux matières putrescibles, une autre au vieux papiers/chiffons et une dernière au verre, à la faïence et aux coquilles d’huîtres.
 
S’ils ne sont pas toujours respectés, ces premiers règlements encadrant les débuts du recyclage des matières ont le mérite d’exister, et ne feront qu’évoluer. 

LE RECYCLAGE DE LA PREMIERE GUERRE MONDIALE JUSQU’AUX PREMIERES LOIS

Au XXème siècle, les deux grands conflits internationaux changent le visage de l’activité de recyclage en France. Les guerres en elles-mêmes contraignent ainsi la population à recycler de façon systématique les métaux pour fabriquer des armes, des chemins de fer ou des munitions. Les périodes de reconstruction qui suivent les deux armistices, elles, créent de nouveaux gisements de déchets créés puis recyclés par l’industrie du bâtiment. Et puisque les ressources sont moindres, les français recyclent parfois eux-mêmes certains objets quotidiens, comme les vêtements usagés ou les vieux boutons. Mais à l’issue de la seconde guerre mondiale, le pays entre de plein pied dans les trente glorieuses. Et tout changera dans leur sillage.
 
Au plus fort de ces trois décennies de croissance économique, la production industrielle s’intensifie, et chaque citoyen de l’hexagone génère en moyenne 250 kilos de déchets par an en 1960. Un chiffre qui ne fera d’ailleurs qu’augmenter avec les années et la hausse régulière de la consommation. Mais à cette époque, les nouveaux déchets sont aussi de nouveaux problèmes. Ainsi, après des décennies de pollution systématique des océans, la convention de Londres de 1972 interdit l’immersion de certains déchets dangereux, comme les boues industrielles ou les matières radioactives.
 
Une prise de conscience internationale qui s’accompagne, en France, de la promulgation d’une première loi qui servira de base à l’ensemble de notre règlementation sur l’environnement et la gestion des déchets : A partir du 15 juillet 1975,  les collectivités locales sont désormais responsables de la collecte et de l’élimination des ordures ménagères de leurs résidents dans des lieux agréés. Mais si cette évolution sera à l’origine de la naissance du recyclage industriel,  il faudra pourtant attendre treize ans avant que le premier centre de tri sélectif français voit le jour à Dunkerque.
 
En 1992, la loi Royal oblige enfin les communes françaises à valoriser et recycler les déchets, désormais considérés comme des gisements décisifs d’énergie et de matières premières. Des plans départementaux voient ainsi le jour pour encadrer ces modes de traitement, et la mise en décharge est réservée aux seuls déchets ultimes. A la même époque, la création de l’Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie (ADEME) et celle d’Eco-Emballages permettent aussi à la France - en coordonnant, facilitant et encourageant le recyclage systématique des déchets - d’entrer dans une nouvelle ère. Portés par ces initiatives, les sociétés de recyclage se multiplient et révolutionnent en quelques années les méthodes et les outils de recyclage professionnel. Une dynamique toujours d’actualité.

Recyclage, Paprec Group

CINQ CHOSES QUE VOUS IGNORIEZ PEUT-ETRE SUR LE RECYCLAGE EN FRANCE

- La collecte sélective française a augmenté de plus de 80 % depuis l’an 2000.
 
- Chaque français paie en moyenne 120 euros par an pour faire traiter ses déchets.
 
- On a longtemps appelé les chiffonniers les « peaux de lapins », puisqu’ils récupéraient celles des animaux consommés le dimanche.
 
- Avec 65% de déchets recyclés ou incinérés, la France fait partie des six pays européens dont la moyenne dépasse les 50%.
 
-  Les os collectés par les premiers recycleurs servaient, à la fin du XVIIIe siècle, à fabriquer des choses aussi diverses que des boutons, du suif, de la colle, du charbon ou de la gélatine.
 
 
Le recyclage et son histoire : 
 

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