Le bobinage du papier

Le recyclage du papier ne se joue pas uniquement au moment de sa récupération, mais s’accomplit aussi au cœur des usines qui transforment les anciens déchets en nouvelles matières premières. Seulement, une fois les différentes opérations nécessaires à sa fabrication achevées, la pâte nouvellement créée doit encore passer par un certain nombre d’étapes transformatrices avant d’être revendue, sous la forme d’une bobine de papier, à ses futurs distributeurs. Voici donc comment l’on passe d’une matière première à un produit fini, ou si l’on peut dire, de la pâte au papier.

SECHAGE

Après avoir baigné dans diverses cuves, et voyagé sur des tamis de haute-précision pour y être décontaminé, traité, blanchi ou séparé en différentes qualités de matière, le papier à recycler encore imbibé d’eau est alors acheminé jusqu’aux machines sécheuses qui se chargeront de le compresser entre leurs cylindres d’acier.
 
Outre ces opérations d’assèchement nécessaires au recyclage du papier, les cylindres chauffés au fuel définissent selon leur température et  leur espacement (réglable au micron près) le futur grammage du papier, terme employé pour désigner la masse surfacique des feuilles obtenues et indiquer leur degré de rigidité (qui augmente avec le grammage). Notons également que le recyclage papier consomme six fois moins d’eau que la fabrication d’un produit neuf.

COUCHAGE ET CALANDRAGE

Pour améliorer l’état de surface de la matière et garantir une meilleure imprimabilité, des procédés de couchage ou de pelliculage sont parfois employés pour déposer sur une ou plusieurs faces du support divers produits minéraux en mélange (comme le kaolin). Suite à cette opération, des machines calandreuses se chargent de la finition en lissant une dernière fois les feuilles de papier à l’aide de rouleaux chauffants.
 
Plus ou moins lisses et brillants, les papiers couchés représentent aujourd’hui 40% des papiers impression/écriture, 50% des cartons, et sont eux-mêmes divisés en plusieurs sous-catégories (couché mat, couché brillant, couché satin etc…). D’ailleurs, il est aujourd’hui possible, en partant de cette matière pourtant altérée (composé pour moitié seulement de fibres cellulosiques), de faire du papier recyclé intégralement.

BOBINAGE FINAL

Pour recycler le papier à plus grande échelle, faciliter la découpe et répondre le plus efficacement possible aux besoins de la production industrielle, les feuilles généralement longues de plusieurs centaines de mètres (autrefois directement formatées à l’issue des étapes de presse) sont aujourd’hui automatiquement récupérées sous forme de bobines de papier à la sortie des machines. Si le procédé est incontournable pour qui veut produire, et donc recycler du papier en continu, le bobinage est aussi, eu égard à la taille du rouleau de papier obtenu, une des opérations papetières les plus délicates. 

BOBINE MERE

Cette première spirale (également appelée tambour), constituée d’un support d’enroulement (cylindre métallique ou mandrin en carton épais) et d’un ruban adhésif utilisé pour solidariser la bande à ce même support, reçoit donc les feuilles de papier récemment fabriquées.
 
Une bobine mère utilisée pour conditionner, par exemple, du papier journal, peut supporter dix tonnes de matière à pleine capacité (c'est-à-dire des kilomètres de papier), et mesurer jusqu’à dix mètres de large. 

BOBINES FILLES

Indispensables pour permettre aux machines de recyclage du papier (également constitué de fibres vierges) de fonctionner à plein régime en amont, les bobines mères et les grandes tailles de papier qu’elles agglomèrent sont particulièrement délicates à appréhender. Impossibles à stocker, elles sont d’abord transportées par tapis roulants, puis soulagées de leur poids par des machines appelées bobineuses, dont les systèmes de découpe automatisés déroulent, débitent et reconditionnent les bandes de papiers en spirales de tailles inférieures, appelées bobines filles.
 
Placées sur des mandrins idoines à l’aide de rouleaux d’entrainement indépendants et maintenues contre le support par de petits systèmes de presse, ces bobines de papier voient leur laize (largeur de la bande de matière) et la longueur de leur matière varier en fonction des formats recherchés.
 
Afin d’optimiser la quantité de papier disponible et de limiter les pertes aux extrémités de la bobine mère, ces opérations sont toutes assistées par des outils informatiques. A plus grande échelle, le processus de fabrication du papier subit depuis la mise en pâte jusqu’au formatage final de multiples contrôles de qualité et/ou de production, des techniciens qualifiés et des laboratoires d’analyse venant adjoindre leurs forces aux systèmes informatisés. 

EMBALLAGE ET STOCKAGE

Après avoir été fractionnée en différents rouleaux de papier, et certifiée conforme (entre autres spécifications techniques) aux exigences premières de son futur acheteur, le produit fini est emballé dans une matière imperméable, dont les multiples protections garantissent sa bonne résistance à l’humidité, bien entendu, mais aussi au transport.
 
Etiqueté, et donc plus aisément identifiable, il est ensuite expédié vers un site de stockage ou directement chez son distributeur. Par souci de rentabilité et/ou de gestion de l’espace, et ce même si les papetiers entretiennent pour la plupart un fond de stock (constitué de formats standards), les tonnages qu’ils produisent excèdent rarement (voire jamais pour les formats fabriqués) ceux que leur clientèle exige.
 
En achevant cette indispensable étape de la valorisation du papier, les industriels préparent donc pour l’impression une matière qu’ils verront bientôt revenir sous une nouvelle forme. Mais seuls les progrès techniques accomplis à tous les autres niveaux du recyclage des papiers et cartons permettront à ces taux de retour d’atteindre des hauteurs idéales.
 
Le cycle du recyclage des papiers et cartons est un processus par étape. Découvrez celui de :

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